Apprendre... à deux, à quatre ou à huit pattes!

Qui dit automne dit retour en classe! Si la conjugaison et les équations mathématiques sont le propre de la pédagogie humaine, l’apprentissage et l’intelligence se manifestent de différentes façons dans le règne animal.

Les animaux sont souvent considérés comme « intelligents » s’ils peuvent être entrainés à réaliser des commandements… mais la majorité sont capables de prouesses extraordinaires dans leur milieu naturel! Les pieuvres, par exemple, peuvent résoudre des problèmes complexes quand vient le temps de débusquer leur nourriture ou mettre en déroute un prédateur. Ceci s’explique notamment par leur grande curiosité et leur aptitude à « tester » différentes techniques pour une même situation : en milieu zoologique, elles peuvent se sortir d’un labyrinthe ou dévisser un contenant avec une aisance surprenante à force d’essais et d’erreurs.

Mesurer l’intelligence chez les animaux est difficile puisqu’on ne possède pas encore de moyen infaillible pour y parvenir; on a d’abord comparé (et on compare encore!) les habiletés des animaux à celle des humains. Longtemps, l’humain s’est décrit comme une espèce supérieure par son habilité à créer et utiliser des outils… jusqu’à ce que le comportement soit observé chez plusieurs espèces animales, dont les chimpanzés. Au Zoo de Granby, on favorise l’expression de ce comportement chez de nombreuses espèces de primates lors d’activités d’enrichissement : par exemple, du beurre d’arachides appliqué à l’intérieur d’un cylindre troué est cueilli patiemment par une branche qui, dans les mains du primate, se transforme en cuillère!
 
Apprendre est souvent un processus qui prend du temps, particulièrement si l’objectif à atteindre est complexe… parlez-en au chirurgien qui passent plusieurs années à parfaire ses techniques et le reste de sa carrière à en apprendre de nouvelles! Chez les animaux, les connaissances les plus complexes sont transmises de génération en génération et sont souvent uniques d’une population à une autre, même à l’intérieur d’une même espèce. Dans un groupe d’éléphants, la matriarche, ou la femelle dominante, emmagasine dans sa mémoire l’emplacement des différents points d’eau et des meilleurs pâturages selon la saison et conserve l’information année après année. La capacité d’apprendre des éléphants est une alliée dans les soins quotidiens à offrir aux grands pachydermes en milieu zoologique : les éléphants du Zoo de Granby maîtrisent une trentaine de commandements à l’intérieur d’un entrainement biomédical qui vise à faciliter le travail des techniciens en soins animaliers ou des vétérinaires.

 Dans le règne animal, apprendre permet de mieux répondre aux changements dans son environnement et de profiter des occasions lorsqu’elles se présentent. Lorsque des milliers de jeunes envahiront les bancs d’école au cours des prochaines semaines, ce sera aussi pour les préparer à la jungle… du monde du travail!