Journée mondiale des espèces menacées: Faudrait-il célébrer ou s’alarmer?

État des lieux: un constat inquiétant

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 28% des quelques 142 600 espèces vivantes connues et étudiées sont en péril sur la planète. Parmi ces espèces, 41% sont des amphibiens, 26% des mammifères, et 14% des oiseaux. Au cours des dernières décennies, le rythme d’extinction s’est accéléré et est 1 000 fois plus rapides chez certains groupes d’animaux par rapport au rythme naturel historique. Chaque jour, des dizaines d’espèces disparaissent avant même d’avoir été découvertes rapporte le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Dans son rapport Planète vivante 2020, le Fonds mondial pour la nature (WWF) confirme une chute de 68% des populations de vertébrés entre 1970 et 2016. Les changements climatiques, la perte et la fragmentation des habitats, la croissance démographique et l’urbanisation, la pollution, l’introduction d’espèces exotiques envahissantes, le braconnage et la surexploitation des ressources naturelles font partie des menaces les plus importantes à l’échelle planétaire. C’est donc dire qu’en moins de 50 ans, la planète s’est grandement dégradée et la biodiversité a suivi une courbe décroissante à vitesse grand V.

Rien dans cette introduction est très réjouissant… La croissance nette annuelle mondiale est de 2,5 naissances à la seconde. À ce rythme, il faudra l'équivalent de deux planètes pour satisfaire les besoins d’Homo sapiens d'ici la fin du siècle… Depuis l’ère de l’industrialisation, il y a à peine 200 ans, nous sommes passés de 1 à 7,8 milliards d’humains. Les principales menaces sur la biodiversité sont directement liées aux activités humaines. Davantage d’humains signifient davantage de champs en culture, de transports, de consommation de bois et d’énergies fossiles… Pour les animaux et leurs habitats, cela est synonyme de déforestation, de pollution, d’actes de braconnage, de conflits humains/faune et bien sûr d’un changement radical au niveau du climat.
Toutes ces menaces et changements bouleversent nos écosystèmes et nous laissent sans réponse pour le futur. Puis, l’humain en subit au final, les mêmes tords.

Une tortue-molle à épines, espèce menacée au Québec, relâchée par l'équipe de conservation.

Un regard vers l'avenir rempli d'espoir

Que faire alors? On célèbre ou on s’alarme en cette journée mondiale des espèces menacées? Comme biologiste de la conservation, je préfère encore célébrer et demeurer optimiste. Pourquoi?
Parce qu’aujourd’hui, plus de 225 institutions zoologiques d’Amérique, dont le Zoo de Granby, investissent annuellement près de 300 M$ dans 120 pays afin de soutenir la protection de plus de 230 espèces menacées.
Parce que des centaines d’ONG travaillent en synergie à la préservation de la nature.
Parce que certains gouvernements ont compris la nécessité de veiller aux générations futures et l’importance des services écologiques que la nature peut nous rendre (qualité de l’air, filtration de l’eau, écotourisme, pollinisation, recherche médicale, ressources alimentaires…).
Parce que mes voisins et mes amis forment des groupes de citoyens pour signifier aux élus l’urgence d’agir.

Les initiatives du Zoo de Granby pour la conservation

Quand vous venez au Zoo de Granby, l’argent que vous dépensez est en fait un investissement pour nos actions de protection de la faune. Vous devenez ainsi partenaires de nos initiatives de conservation! Le Zoo agit à l’extérieur de son enceinte, en pleine nature, pour la préservation des Boisés-Miner à Granby, pour la tortue molle à épines dans la région du Lac Champlain, pour le martinet ramoneur en Montérégie, pour les chauves-souris au Québec, pour la défense des éléphants et des gorilles au Cameroun, etc. Ainsi, tant au niveau local, régional, provincial et international, les biologistes du Zoo de Granby travaillent et collaborent à plus d’une trentaine de projets de préservation d’espèces en péril en partenariat avec des universités, des municipalités, les deux paliers de gouvernement et des collègues d’autres organismes de conservation.


Agissez à votre tour en cette journée mondiale des espèces menacées, en partageant ce message, en plantant un arbre, en écrivant à vos élus ou en marchant pour la bonne cause. En effet, il est temps de célébrer l’optimisme et l’espoir. Pensons au cheval de Przewalski, à la marmotte de l’île de Vancouver, au putois d’Amérique, au condor de Californie, et à tant d’autres espèces qui ont été sauvées de l’extinction grâce aux bonnes actions entreprises par les centaines de zoos et aquariums localisés çà et là sur tous les continents et grâce aux 700 M de citoyens qui les visitent annuellement.

Une partie de notre équipe de conservation sur le terrain.



Patrick Paré
Biologiste
Directeur, Conservation et Recherche
Zoo de Granby


Nous vous invitons à faire un don à travers la Fondation du Zoo de Granby si vous souhaitez poser un geste concret pour soutenir nos projets en conservation, en cliquant ci-bas.