Les animaux et les coronavirus

D’où proviennent les coronavirus?

Les coronavirus (il en existe 4 groupes) sont très courants chez les animaux, notamment chez les animaux de la ferme, les chiens, les oiseaux, les mammifères marins, les rongeurs, etc. Une grande proportion de ces animaux sont dits porteurs asymptomatiques, c’est-à-dire qu’ils peuvent transmettre le virus à leurs congénères sans être malades pour autant. Seule une petite proportion des coronavirus connus peut se transmettre de l’animal à l’humain. Dans le cas du SARS-CoV-2, l’agent pathogène responsable de la Covid-19, le « réservoir » viral serait issu d’espèces sauvages asiatiques, possiblement des chauves-souris. Par contre, les chauves-souris ne seraient pas responsables de la pandémie, En effet, il faut un intermédiaire pour transmettre le virus à l’être humain, possiblement le pangolin ou la civette qui étaient offerts aux marchés publics de Wuhan.

Comment un virus animal peut-il infecter un être humain?

Une grande majorité de virus sont spécifiques à une espèce ou à un groupe d’espèces précis. Si un virus rend votre chat malade et pas son propriétaire, c’est que ce virus n’est pas équipé pour se fixer aux cellules humaines : c’est ce qu’on appelle la barrière des espèces. Mais, au fil du temps et de contacts répétés, les virus mutent et évoluent, et certains peuvent gagner certains pouvoirs, dont celui d’infecter d’autres espèces.

Une maladie transmissible de l’animal à l’humain s’appelle une zoonose. L’influenza porcine, la maladie de Lyme, la rage, la salmonellose et le virus du Nil occidental en sont quelques exemples. Le virus passe par morsure, griffure, piqûre ou ingestion de l’animal infecté. Ces 10 dernières années, 75% des nouvelles maladies qui ont affecté l’humain ont été provoquées par des pathogènes d’origine animale. Et comme l’épisode de la Covid-19 nous le démontre avec une redoutable efficacité, la mondialisation ne fait qu’accentuer le niveau et l’ampleur des conséquences.

Quel est le lien entre les virus et le commerce des espèces sauvages?

Si l’origine précise de la pandémie fait encore débat, une majorité de chercheurs pointent du doigt la trop grande proximité de l’humain avec la faune sauvage. La croissance de la population mondiale, l’étalement urbain et le développement économique repoussent sans cesse les limites de nos villes, de nos champs et de nos pâturages, grugeant inlassablement ce qui reste d’espaces sauvages. La déforestation et le développement routier permettent d’atteindre des contrées et des ressources jusqu’ici inaccessibles. Les traditions alimentaires et les croyances poussent certaines populations à consommer, en partie ou en entier, des espèces issues du milieu sauvage et pour lesquelles les mesures de préparation et de conservation sont souvent inadéquates. Ces facteurs combinés, mettent en relation beaucoup plus fréquente les humains avec la faune sauvage. On augmente ainsi le risque d’être exposé à de « nouveaux » virus. Selon le projet Global Virome, qui a pour objectif d’améliorer la manière de faire face aux pandémies, il existe plus de 1,7 million de virus non encore découverts au sein de la faune sauvage : près de la moitié pourraient être néfastes pour les humains.

Doit-on craindre l’éclosion de ce type de virus dans un jardin zoologique?

La situation vécue dans les marchés d’animaux sauvages asiatiques et celle dans les zoos accrédités comme le Zoo de Granby ne peuvent se comparer : les animaux profitent de grands espaces isolés des visiteurs, et les règles d’entretien et d’hygiène sont extrêmement strictes. Les pensionnaires sont suivis en permanence par une équipe vétérinaire et n’entrent dans aucune chaine alimentaire humaine…

Quelques cas isolés de contamination de l’humain vers un animal ont été rapportés : deux chiens et deux chats (Hong-Kong et Belgique), de même qu’un tigre au Zoo du Bronx (New-York); dans ce dernier cas, la contamination serait probablement survenue lors d’un contact étroit et répété entre le soigneur infecté et l’animal durant un entrainement biomédical. Face à ces rares cas, des mesures ont été prises dans la majorité des institutions zoologiques accréditées, comme ça été le cas au Zoo de Granby, pour appliquer les règles de protection individuelle et de distanciation entre les techniciens responsables des soins et les pensionnaires les plus sensibles à une contamination potentielle, dont les félins et les primates.

Comment puis-je éviter d’attraper une zoonose?

S’il y a peu de chance que vous entriez en contact étroit avec un animal sauvage, sachez que vos animaux domestiques peuvent être vecteurs de zoonoses. Il existe des moyens simples de prévenir ces maladies dans vos actions quotidiennes :

  • Se laver les mains avec de l’eau chaude et du savon après chaque contact avec un animal, ses excréments ou sa litière avant de manger ou de porter les mains à la bouche;
  • Respecter une hygiène stricte lors des repas et de leur préparation;
  • Éliminer rapidement et de façon appropriée les excréments de vos animaux;
  • Nettoyer adéquatement toute égratignure ou morsure avec de l'eau chaude et du savon, puis protéger la blessure avec un pansement;
  • Éviter d'embrasser les animaux ;
  • Prévenir les piqûres de moustiques et de tiques.

De plus, si vous voyagez, évitez d’acheter ou de consommer des produits faits à partir d’espèces animales issus de la faune sauvage; en plus de contribuer à la protection d’espèces souvent menacées d’extinction, vous minimisez les risques de vous exposer à des pathogènes étrangers.

Visionnez notre vidéo sur la COVID-19