​Les chroniques du zoo en Afrique, par Patrick Paré​

Manger camerounais!

Le coût de la vie est ridicule pour nous, nord américains, vous vous en doutez très certainement. Un repas pour 7 personnes avec boissons coûtera 15 000 CFA, c'est à dire environ 32 $ CAN. Et la qualité des mets est extraordinaire. Ici, pas question de rechercher les grands hôtels. On mange dans la rue et dans le premier restaurant de Campo ouvert il y a quelque temps seulement.  Solange cuisine tellement bien! Manioc, banane plantain, carpe et bar, bouillon au bœuf, riz... tout est frais et excellent pour mes papilles de québécois. 

En passant, le poulet n'est servi qu'en de rares occasions, pour les fêtes, par exemple. La viande est normalement du zébu ou de la chèvre. Le poisson est probablement la protéine la plus prisée à l'ouest du pays. Le ndolè aux crevettes est le met traditionnel de la région de Douala. 

28 novembre: La protection des gorilles, prioritaire au Cameroun. 

Plusieurs organismes camerounais ou mondiaux collaborent à la préservation des gorilles au Cameroun. Il en subsiste près de 700 au Parc National de Campo Ma'an. Aujourd'hui, nous sommes allés visiter le sanctuaire de Mefou en banlieue de Yaoundé. Ce site, géré par Ape Action Africa, héberge des primates sauvages provenant d'actions illégales de braconnage. Ultimement, l'organisme souhaiterait soigner et relâcher les dizaines de gorilles, chimpanzés, mandrill, babouins et cercopithèques en nature suite à leur séjour au sanctuaire. L'idée d'en relâcher à Campo Ma'an demeure envisageable et le Zoo de Granby pourrait participer à cette initiative.

26 novembre: Les gorilles furent-ils au rendez-vous? 

Tenter d'observer les gorilles pendant leur période d'alimentation matinale n'est sans doute pas idéal. En fin d'après-midi, lorsqu'ils sont au repos dans leur nid d'herbe et de feuillage, c'est sans doute préférable. Quoiqu'il en soit, nous avions tenté le matin pour certaines raisons logistiques. Le défi était encore plus intéressant!!  Départ du camp en Land Cruiser à 5h30  et arrivée sur l'île Dipikar à 6h40. Cette île regorge de faune (éperviers, calaos, serpents, lézards, céphalophes, chimpanzés, mandrills, éléphants, pangolins, pour ne nommer que ceux-là), mais comme la forêt est extrêmement dense, il faudra vraiment être attentif pour en apercevoir. Il faudra aussi conserver nos énergies avec la chaleur accablante et une humidité à 100 %. J'ai apporté avec moi 2 litres d'eau. Les pisteurs eux n'en ont pas une seule goutte! Nous saurons pourquoi plus tard...

On entre donc en forêt. La première heure consiste à rechercher des indices de présence du grand primate. On fouille donc dans le même coin où ils ont été vus la veille. Premier indice: quelques empreintes nous menant à un site d'alimentation; quelques branches et feuillage d'arbustes mangés. On est sur une lancée! L'adrénaline commence à monter. Il est à peine 7 h45, il fait 31 degrés celsius, nos vêtements sont trempés par la sueur et la rosée perlant des grandes feuilles de bananiers, de parasollier et des herbes hautes. Mon premier litre d'eau est déjà bu. Vers 8h15, on trouve une crotte très fraîchement évacuée, probablement d'une femelle. Autrement dit, ce groupe de 30 gorilles tournent autour de nous en silence sans qu'on ne les voit. Ils semblent s'amuser à tromper notre vigilance, mais nos pisteurs sont aussi à l'affût. À 8h30, le mâle dominant vocalise à nous en faire cesser de respirer. WoW! Mon corps frissonne et je termine mon deuxième litre... je ne suis pas très discipliné sur la ration... mais on est si près du but. Grâce à ce nouveau repère, nous nous rapprochons du but. Finalement, vers 9h, une odeur forte de sueur, comme seuls les gorilles savent en sécréter, nous transperce les narines et me glace le sang! Ils doivent être là tout près, mais on ne voit rien... pas tout à fait... un pisteur nous indique de ramper sous un bosquet et qu'ils sont juste derrière. Avez-vous déjà traversé un amas de mûriers piquants avec des fourmis dévorantes de chair au sol, et on ne sait quoi d'autre??? Avec mes 6pi 5 po, j'en suis ressorti amoché, mes pantalons aussi. Si vous saviez comme de petites fourmis aux allures si inoffensives peuvent faire souffrir... ça part des pieds et ça trouve toutes les façons d'entrer, de monter et de mordre même sous les caleçons... MAIS, je l'ai vu mon gorille! En fait j'ai brièvement vu une tache de poils à quelques 40 pieds de nous, presqu'imperceptible pour nos yeux profanes. C'est quand même une grande satisfaction d'enfin voir ces grands singes et une grande leçon de vie de les savoir si bien adaptés à un en environnement si hostile. Imaginez, à 100-200 livres, nous avions de la difficulté à passer à des endroits pourtant si simples d'accès pour ces primates de 400-500 livres! Quelle belle leçon de vie!  Ah oui, j'ai été impressionné de voir comment les pisteurs, de par leur savoir ancestral, ont appris à trouver une eau pure à boire en forêt. Une liane m'a redonné l'énergie qu'il me fallait pour aller jusqu'au bout de l'aventure dans cette forêt habitée également par les esprits protecteurs bantou et bagyeli. Maintenant, je veux bien y croire.

25 novembre : Écogardes et pisteurs ; un véritable travail d'équipe. 

L'objectif du Zoo de Granby dans ce projet est de collaborer à la conservation du Parc National de Campo Ma'an selon 5 axes: lutte aux braconnage, harmonisation des relations entre communautés riveraines et éléphants, développement d'une initiative écotouristique, éducation et sensibilisation des populations et, acquisition de connaissance par la recherche scientifique sur les éléphants et les gorilles, notamment. 

Pour cette deuxième mission au Cameroun, j'avais la chance de rencontrer les écogardes et les pisteurs pour une seconde fois. Le Zoo aide les premiers en leur fournissant divers équipements (GPS, boussoles, appareils photos, système de communication...). Les pisteurs, eux, travaillent à habituer une trentaine de gorilles (tous du même groupe) à la présence humaine, afin de développer une activité écotouristique de qualité, selon les normes éthiques établies pour le bien-être des animaux, leur santé, et la sécurité des voyageurs. 

Je suis justement de retour d'une des expéditions les plus difficile de ma carrière... à suivre demain...

24 novembre: nos enfants, notre fierté! 

Nous venons de visiter deux écoles à Campo; l'école primaire catholique et le lycée français. Les enfants de 4 à 22 ans avaient beaucoup de questions pour nous et questionnent sur notre présence. Grâce aux animations données par des animateurs passionnés de la WWF et de la direction du parc, ils comprennent qu'ils sont privilégiés de demeurer si près des animaux, mais en même temps, peuvent craindre leur présence et participer la la chasse de subsistance. Ils adorent les lions (en partie puisque c'est le nom donné à leurs équipes nationales masculines et féminines de foot!) et les gorilles. De ces jeunes émergeront de futurs vétérinaires, biologistes et ingénieurs forestiers.

23 novembre: Les éléphants ne sont pas de tout repos!

Nkolon est une communauté de moins de 75 âmes qui vivent surtout de chasse (droit acquis en zone tampon et non dans le parc), de cueillette, et grâce à la plantation de certaines essences d'arbres qu'ils affectionnent particulièrement, comme les avocatiers, le manioc, les bananiers et les plantains. Depuis plusieurs années, il semblent que les éléphants adorent leur plantation, mangeant et piétinant tout sur leur passage. Ces peuples n'ont rien d'autre pour survivre et nourrir leur famille. La situation crée dès conflits importants entre humains et pachydermes. Un éléphant est venu ravagé une plantation le 12 novembre dernier et nous sommes allés constater les dégâts. 

Mentionnons en terminant qu'il y a 61 000 habitants, principalement de peuples bantou et bagyeli, dans 161 villages autour du Parc national de Campo Ma'An qui fait plus de 264 000 hectares.

22 novembre 2016 

Mon arrivée à Yaoundé s'est bien déroulée malgré la première neige de Montréal qui m'a obligé à modifier mes correspondances. Après 26 heures d'aéroport et de vol, j'atterris donc à Yaoundé à 3h AM. Alors dormons quelques heures, car nous partons en brousse ce matin. Notre voyage de 350 km vers le Parc National de Campo Ma'an au sud du Cameroun, à la frontière de la Guinée équatoriale, prendra presque huit heures à travers routes bitumées ou en terre rouge boueuse et crevassée.

Escale à la radio communautaire de Kribi. 

Kribi est LA ville touristique du Cameroun pour tous les amants des plages de l'Atlantique et le poisson frais. Le Haut-Commissariat du Canada au Cameroun à supporté un projet des plus intéressants avec le peuple bagyeli (pygmées). Comme plusieurs communautés autochtones habitent en périphérie du Parc, nous avons été invités à nous rendre à leur rencontre afin d'échanger sur nos projets respectifs. La radio communautaire Nkuli Makeli (le tam-tam qui porte vos voix) a vu le jour il y a 8 mois. Suite à une courte entrevue avec l'animatrice Marie-Therèse Manzouer. Nous nous sommes remis en route pour Campo.

21 novembre 2016

En 1972, E. Lorenz formulait l'expression de « l'effet papillon » pour la première fois: « Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? ». C'est un peu ce que j'ai vécu depuis hier avec cette première tempête de neige à Montréal qui a chamboulé toutes mes correspondances vers Yaoundé. La neige du Québec aurait donc une incidence majeure au Cameroun! Après 24 h de vols et d'escales, j'arriverai finalement à Yaoundé vers 3 h cette nuit... Cette courte aventure m'apparaît pire que la brousse des prochains jours.

20 novembre 2016

J'arriverai demain à Yaoundé, capitale du Cameroun! L'objectif de la mission, en partenariat avec la WWF, la FEDEC (Fondation pour l'Environnement et le Développement au Cameroun), l'Université Concordia et le service de conservation du Parc est de maximiser la protection des espèces animales dans le parc, notamment les éléphants, les gorilles et les chimpanzés.

En outillant les écogardes afin qu'ils soient plus confiants devant les braconniers, en aidant certaines communautés riveraines (bordant ce milieu naturel unique et fragile) qui subissent le passage d'éléphants dans leur village et la dévastation de leurs champs en production, en supportant la mission d'éducation dans les écoles et en participant à la création d'une offre écotouristique de qualité, le Zoo de Granby se positionne certainement parmi les institutions les plus actives en conservation sur la planète.

Saviez-vous que les biologistes du zoo participent et dirigent  des initiatives de conservation en nature, tant au Québec qu'à l'étranger? 

19 novembre 2016

Comme biologiste en charge des programmes de conservation pour le Zoo de Granby, il est tellement intéressant de préparer une mission à l'étranger afin de venir en aide aux espèces menacées!  Je pars dans quelques jours pour mon troisième séjour sur le continent africain.

Plus précisément, je me rendrai au Cameroun où le Zoo de Granby a initié en 2015 un projet de conservation dans le Parc national de Campo Ma'an au sud du pays.

J'ai bien hâte de revoir mes collaborateurs et amis, notamment le grand chef de la communauté des Pygmées Bagyeli de Nyamalande avec qui j'ai partagé quelques morceaux de viande accompagnés de manioc, de banane plantain et de safou (prune camerounaise) en novembre dernier.

Témoignages

Des animaux bien traités, des enfants enchantés, des expériences fabuleuses (nourrir des oiseaux en les ayant sur les épaules, flatter des raies, et entrer dans l'enclos des chèvres et moutons). Prodigieux de réussite. Une compétence parfaite à exporter partout dans le monde.

Loim Hen

Bravo! Super beau et les animaux y semblent très bien. La petite fermette est superbe avec ses chèvres et moutons. Les oiseaux qui viennent sur nous aussi c'est génial. Le zoo est propre et très beau. Je le recommande et j'y retournerai c'est clair. Merci encore! 

Jessica Nardi

J'aime beaucoup le Zoo de Granby. À mon avis, c'est la meilleure activité familiale au Québec pour tous les groupes d'âge. Les dinos étaient super cool. À l'Amazoo, mes enfants ont bien aimé le Repaire de Capitaine dragon. Le Zoo est une activité annuelle pour notre famille

Robin Dubois

Wow!! Première visite au zoo et nous avons adoré!!! Très bien aménagé!!! Nous avons eu la chance de voir la collation de plusieurs animaux, vraiment intéressant. Nous avons pu constater que les employés sont vraiment passionnés!!

Monia Gionet

Un endroit vraiment formidable pour toute la famille!!! À refaire assurément!!! Nous avons adoré notre expérience!

Caroline Bernier

Tout était parfait, personnel souriant, endroit extrêmement propre, nourriture A1. Ambiance parfaite pour la famille. À l'an prochain.

Anthony D

Wow! Visiter le zoo en hiver est une très belle expérience! Contrairement à ce que plusieurs peuvent penser, il y a beaucoup d'animaux à voir et ils sont très dégourdis!

Nadia B

Le plus beau zoo au Canada. Espaces pour les animaux très naturels, bel environnement, aménagement paysager super. Nombreux animaux à voir. Beaucoup d'informations données par les gardiens. Très attrayant pour les enfants. Le plus beau zoo que j'ai visité.

Gingrasmich

Vraiment un beau parc qui mérite et vaut le déplacement. (…)  Hyper intéressant pour les enfants. On a longtemps hésité avant d'y aller car c'est Granby. Détrompez-vous. Un vrai petit Walt Disney made in Québec. Idéalement prévoyez 2 jours pour la visite, c'est un très gros parc.

Joe B

Un endroit bien entretenu, bien organisé, propre. Les employés sont toujours à la recherche de solutions si des petits désagréments arrivent. Je suis toujours surpris par cette organisation. (…)

Stéphane Demers