La faune face à la neige!

Le 15 janvier dernier était célébrée la journée mondiale de la neige : une journée qui se veut la célébration des plaisirs d’hiver et de la pratique de sports hivernaux. Mais si la neige fait le bonheur des uns, force est de constater qu’elle en fait pester plusieurs… notamment quand vient le moment de pelleter!

On sait déjà que l’hiver, et particulièrement le froid, est un défi pour de nombreux animaux, poussés dans leurs derniers retranchements du point de vue de leur survie.

Mais la neige, elle, est-elle bénéfice ou fardeau pour les espèces animales?

La réponse : ça dépend du point de vue! Nombreuses sont celles qui bénéficient d’une bonne couche de neige, alors que pour d’autres, un épais manteau blanc est un obstacle supplémentaire aux chances de passer à travers l’hiver.

Voici les deux points de vue!


Avantages de la neige

Spontanément, on ne pense pas à la neige comme un isolant, mais c’est pourtant un dôme protecteur vital pour une multitude d’espèces vivantes. Les minuscules pochettes d’air entre les flocons assurent une isolation surprenante, en plus de faire écran à la morsure des vents glacés.

Des recherches ont démontré que sous 17,5 cm de neige (7 po), la température du sol n’était que de -4 degrés Celsius, alors que la température extérieure affichait -32 degrés Celsius! Cette couche isolante est essentielle pour de nombreux petits mammifères, mais aussi plusieurs, insectes, invertébrés et plantes, qui comptent sur des températures plus clémentes pour passer l’hiver sous la terre sous forme d’œufs, de larves, de bulbes ou de graines.

Si l’hiver semble une saison en dormance, détrompez-vous!

Sous la couche de neige, nombre de petits mammifères, dont les mulots et les campagnols, transforment le couvert neigeux en véritables circuits autoroutiers, se promenant d’un site d’alimentation à l’autre, ni vu ni connu! Dans ce cas particulier, les déplacements sous le manteau neigeux permettent de se soustraire aux yeux des prédateurs. Un avantage certain, particulièrement lorsque notre pelage ne subit pas de changement de couleur et risquerait de trahir notre présence sur le tapis blanc immaculé!

Les propriétés réfléchissantes de la neige profitent également à certains, dont l’un des rares invertébrés actifs l’hiver, même à des températures sous le point de congélation. Souvent appelés à tort « puces de neige » (car ce ne sont pas des puces!), les collemboles des neiges sont de minuscules arthropodes presque noirs qui profitent des journées ensoleillées pour remonter à la surface de la couche neigeuse. La neige réfléchissant 85% des rayons UV, les collemboles en profitent pour chauffer leur organisme et se nourrir d’algues, de microorganismes et de spores de champignons emprisonnés dans les flocons.


INCONVÉNIENTS DE LA NEIGE

Là où il y a des avantages, il y a forcément des inconvénients!

La neige permet notamment de suivre à la trace le déplacement de plusieurs animaux qui évoluent à la surface. Pas besoin d’être un pisteur très futé pour remarquer le passage d’un cerf, d’un écureuil ou d’un lapin à queue blanche dans sa cour!

Si le travail est plus facile pour nous, il l’est également pour les prédateurs, surtout parce que les proies, gênées par l’épaisseur du couvert neigeux et cantonnées dans les mêmes abris, empruntent souvent les mêmes routes pour aller s’alimenter. Cet inconvénient se combine souvent au fait que sur un tapis blanc uni, se soustraire aux prédateurs devient beaucoup plus compliqué si notre pelage n’amorce aucune transformation de couleur.

La profondeur et la nature du couvert neigeux peuvent également jouer contre certaines espèces, prédateurs comme proies. La poudreuse, c’est bien joli sur les pentes de ski, mais la majorité des animaux vont préférer une croute solide, qui évite de s’enfoncer trop profondément dans la neige et ainsi rendre la poursuite, ou la fuite, beaucoup plus facile.

Au Québec, les populations de cerfs de Virginie sont particulièrement sensibles aux accumulations de neige, les cervidés étant juchés sur de longues pattes fines et de petits sabots. Limités dans leurs déplacements autour des ravages, leurs sites d’hivernation, ils voient le taux de mortalité atteindre près de 40% lors d'hivers plus rigoureux!

De nombreuses espèces hébergées au Zoo ne connaissent rien de la neige et du froid puisqu’elles se retrouvent sous des climats tropicaux ou désertiques en nature. La journée mondiale de la neige était une occasion trop belle pour ne pas leur donner un premier contact avec cette matière glacée et intrigante.

Voyez leur réaction!